Hesse Lison

Doctorante
Discipline : Psychologie sociale
Section CNU : 16
Encadrement doctoral : Pierre Bouchat
Début de la thèse : 2024
Courriel : lison.hesse@univ-lorraine.fr
Support de financement : bourse doctorale SLTC
Biographie
Après une licence de psychologie effectuée à Metz, Lison a intégré le Master PSTO rattaché au laboratoire Perseus. Durant ces années de Master où Lison était déléguée de promotion, elle s’est intéressée aux questions de lutte contre les discriminations et de promotion de la diversité. Elle était d’ailleurs membre active de la cellule Egalité, Diversité, Inclusion de l’UFR SHS de Metz.
Son stage de Master 1, à IMS Luxembourg, une association luxembourgeoise, a donné lieu à la publication d’un guide intitulé “La neurodiversité en entreprise : Comprendre et mieux appréhender les neurodivergences au travail”. Concernant son stage de Master 2, il s’est déroulé à la DDETS de Moselle. Lison y a réalisé un état des lieux sur la manière dont les professionnels de l’enfance traitent la question des enfants victimes de violences conjugales en Moselle. C’est à l’issue de ce Master qu’elle a souhaité poursuivre en s’inscrivant en doctorat. Son projet de thèse, financé par l’UDAF54 via une Convention CIFRE, s’intitule “Les violences sexuelles subies par les femmes autistes : quels facteurs explicatifs au regard de la psychologie sociale ?”.
Thèse
Titre : Les violences sexuelles subies par les femmes autistes : quels facteurs explicatifs au regard de la psychologie sociale ?
Résumé : Historiquement, les recherches portées sur l’autisme se sont majoritairement intéressées aux hommes, si bien que les critères de diagnostic de l’autisme ont été élaborés à partir d’échantillons uniquement masculins (Young, Oreve & Speranza, 2018). Il est difficile de connaître avec précision la prévalence de l’autisme chez les femmes, notamment en raison d’erreurs de diagnostic (Barone & Colombi, 2023). Les traits autistiques ne s’expriment pas de la même manière chez les femmes. Par exemple, pour les difficultés dans les interactions sociales, la différence est que les femmes font preuve d’une introspection conséquente, et ajustent leurs comportements, voire masquent leurs particularités liées à l’autisme (Brown et al., 2020). Certains chercheurs vont même jusqu’à utiliser le terme de « female autism phenotype » (Zamora, 2023, p4). Les travaux sur l’autisme chez les femmes s’intéressent à l’interaction entre le fait de grandir en tant que fille, dans un contexte de socialisation genrée, et le fait d’être autiste, afin d’améliorer la détection et la prise en charge des femmes autistes (Cook, Hull & Mandy, 2024). De nombreux travaux mettent en lumière le vécu dans l’adversité des personnes autistes : l’autisme est positivement corrélé au trouble du stress post-traumatique (Wendt et al., 2022), et on constate un risque élevé de subir des violences répétées et plurielles, créant un phénomène de polyvictimisation (Weiss & Fardella, 2018). En particulier, les personnes autistes ont un risque plus élevé que la population générale de subir des violences sexuelles (Hellstrom, 2019). L’étude de Cazalis, Reyes, Leduc et Gourion (2022) est celle qui avance le chiffre le plus alarmant : d’après leur échantillon, ce sont 88,4% des femmes autistes qui ont subi des violences sexuelles, et ce avant 15 ans pour 56%, violences répétées dans 84,9% des cas. C’est la première étude qui démontre un tel pourcentage, même si la littérature existante à ce sujet identifie systématiquement les femmes autistes comme étant à risque d’être victimes de violences sexuelles (Roberts et al., 2015). Mais pour quelles raisons ? Quels éléments font que les femmes autistes sont exposées à un risque élevé de subir des violences sexuelles ? Certaines recherches avancent des hypothèses quant aux facteurs explicatifs. Cela pourrait en partie s’expliquer par le fait que les femmes autistes ont du mal à comprendre ce qui est implicite et subissent de l’isolement social et de la stigmatisation (Cazalis et al., 2022), ou encore qu’elles éprouvent des difficultés à détecter des comportements inappropriés et à identifier leur propre inconfort face à ces comportements (Roberts et al., 2015). Mais ces éléments ne sont qu’hypothétiques. Le DSM-5 identifie deux grandes catégories de traits autistiques : les spécificités dans la communication et les interactions sociales, et les comportements répétitifs et intérêts spécifiques (Crocq et al., 2023). Ce sont des traits qui s’inscrivent dans un contexte précis, dans lequel ils sont perçus comme pathologiques car différents de la norme sociale. Il convient donc de s’intéresser à l’autisme féminin d’un point de vue psychosocial afin de trouver des explications quant à l’ampleur des violences sexuelles subies par cette population. Le laboratoire PErSEUs, par son intérêt pour les études portées sur les stéréotypes et la stigmatisation, pourra offrir l’accompagnement nécessaire à la réalisation de cette thèse.
Mots-clés : Autisme, Femmes, Violences sexuelles, TSA, Masking, Psychologie sociale
Bibliographie
Bibliographie

